Inspecter une toiture ancienne à l’aide d’un drone demande bien plus que le simple choix d’un bon appareil. C’est une opération technique, réglementée, qui nécessite une méthode rigoureuse, une connaissance du bâti ancien et un matériel adapté à chaque configuration. Dans cet article, nous vous proposons une démarche complète pour réussir vos inspections de toitures anciennes par drone, avec un vocabulaire métier précis, une attention particulière aux styles régionaux, et des conseils concrets issus du terrain. Car si vous êtes un artisan formé au pilotage de drone, ce qui fait votre plus-value, c’est votre savoir-faire métier. C’est à dire votre expérience. Prendre des photos c’est bien. Mais les interpréter et les comprendre, c’est ce que vous demandera votre client une fois que vous aurez terminé votre formation.
En revanche, si vous êtes un pilote de drone non spécialisée, il faudra que vos rapports puissent correspondrent au savoir-faire de votre client final. Voici donc quelques éléments de bases, matériel et de connaissance métier. Cela peut vous permettre de bien vous faire comprendre.
Pourquoi les toitures anciennes demandent une attention spécifique.
Les toitures anciennes présentent des singularités qu’on ne retrouve pas sur les bâtiments contemporains : géométries complexes, matériaux sensibles (ardoise, lauze, zinc, tuiles canal), pentes prononcées, points singuliers nombreux (lucarnes, souches de cheminée, épis de faîtage, noues). Une inspection réussie doit tenir compte de ces spécificités pour éviter les survols inutiles ou les erreurs d’interprétation.
Le drone offre ici une alternative sécurisée à l’échafaudage ou à la nacelle, mais il doit être utilisé avec précision, dans le respect du bâti et des distances de sécurité réglementaires.
Étapes clés d’une inspection de toiture ancienne par drone.
- Préparation de la mission : étude du bâti (plan, hauteur, exposition), vérification des obstacles (clochers, végétation, fils), protocole préfectoral si en zone urbaine.
- Choix du scénario de vol : souvent S3 (zone peuplée) avec vol en VLOS à 30 m minimum de toute personne non impliquée.
- Planification de trajectoire : orthogonal + plans de détails, avec survols obliques à 45° pour capter les pentes.
- Vol d’inspection : vitesse lente (0.5 à 1 m/s), vol stabilisé, prises de vues en mode manuel ou waypoint selon complexité.
- Traitement post-vol : tri des images, stitching, génération d’orthophoto, comparaison avec relevés antérieurs si nécessaire.
Quel drone choisir pour l’inspection de toitures anciennes.
Le choix du drone dépend de plusieurs critères : nature du matériau, complexité architecturale, type de livrable attendu (photo, thermique, orthophoto, 3D), contraintes de l’environnement immédiat. Voici les modèles les plus utilisés :
- DJI Mavic 3 Enterprise : excellent compromis, capteur 20 MP, zoom optique x7, compatible RTK. Idéal pour la plupart des inspections visuelles.
- DJI Matrice 30T : robuste, zoom 200x, capteur thermique intégré. Très utile pour repérer infiltrations ou déperditions.
- Parrot Anafi USA : plus compact, mais très efficace en thermique et zoom numérique. Utile en toiture de petite envergure ou en centre-ville.
Pour les relevés photogrammétriques, privilégiez un capteur grand-angle avec obturateur mécanique et possibilité de paramétrage manuel des ISO et de la vitesse d’obturation.
Vocabulaire technique à maîtriser pour un rapport d’inspection si vous n’êtes pas un artisan.
Voici les principaux éléments d’une toiture ancienne à connaître et à identifier en vol :
- Faîtage : arête supérieure reliant les deux versants ;
- Noue : jonction en creux entre deux pans ;
- Chéneau : gouttière encastrée dans la maçonnerie ;
- Rive : bord latéral du versant, souvent en ardoise ou tôle de finition ;
- Rampant : surface inclinée du toit, support des tuiles ou ardoises ;
- Lucarne : ouverture verticale en saillie sur toiture (à capucine, œil-de-bœuf, chien-assis) ;
- Épi de faîtage : ornement en terre cuite ou métal, souvent en zone patrimoniale.
Un rapport professionnel doit intégrer des visuels annotés avec ces termes, pour permettre une communication claire entre couvreur, client et maître d’œuvre.
Variations régionales : adapter la méthode au type de toiture.
Les styles de toiture en France sont très divers. Voici quelques typologies par région et les ajustements à prévoir :
- Bretagne / Anjou : ardoises naturelles, toiture à forte pente, nombreux épis. Vols obliques pour capter la totalité du rampant. Nous travaillons beaucoup sur la partie formation au démoussage de toiture sur ces régions.
- Sud-Ouest / Languedoc : tuiles canal ou romanes, posées sur voliges ou liteaux, souvent avec débords. Prise de vue verticale + latérale pour visualiser les coulures ou déformations.
- Massif central : lauzes épaisses, toiture très pentue, souvent en village classé. Attention au survol réglementé (ABF). Drone silencieux recommandé.
- Île-de-France / Nord : zinc ou tuiles mécaniques. Nombreux lanterneaux, cheminée, raccords bitume. Privilégier le zoom pour éviter les survols prolongés ou traiter l’ensemble avec une modélisation complète.
Chaque région a ses contraintes, ce qui expliquent les différents types de toitures : orientation du vent, humidité, bâti dense ou patrimonial. Une bonne préparation est donc indispensable avant chaque inspection.
Quels livrables remettre à vos clients ou à l’expert.
Un rapport d’inspection de toiture ancienne peut inclure plusieurs formats :
- Photographies haute résolution (JPEG/RAW), annotées selon les zones d’alerte ;
- Vidéo de survol stabilisée, avec vue d’ensemble de la toiture ;
- Orthophoto générée via photogrammétrie (Pix4D, WebODM) ;
- Nuage de points 3D pour reconstitution de charpente ou relevé de surface ;
- Rapport PDF structuré avec commentaires et capture d’écran des anomalies.
Ces éléments permettent aux couvreurs, architectes ou experts d’établir un devis précis sans mise en danger, ni démontage partiel de la toiture.
Formation recommandée pour inspecter des toitures anciennes par drone.
Chez Dronelis Academy, nous proposons une formation spécifique à l’inspection de toiture, avec :
- exercices sur différents types de toitures (tuile, ardoise, zinc, lauze) ;
- apprentissage du vol précis à basse vitesse et en environnement contraint ;
- introduction à la photogrammétrie et aux outils de traitement d’image ;
- maîtrise du vocabulaire technique et des attendus réglementaires ;
- rédaction d’un rapport d’inspection conforme aux attentes clients.
Le drone, un outil incontournable pour préserver le patrimoine.
L’inspection de toiture ancienne par drone devient un incontournable pour les professionnels du bâtiment, les experts et les collectivités. Encore faut-il maîtriser l’outil, connaître les matériaux et adapter la méthode à chaque configuration. Une formation spécialisée est la meilleure porte d’entrée pour éviter les erreurs coûteuses, et proposer des prestations hautement valorisées sur le marché